L’entrepreneuriat social rallie des suffrages parmi les jeunes diplômés du programme AWEP financé par la Citi Foundation
Des enfants âgés de 5 à 18 ans dans la plaine de la Bekaa, au Liban, acquièrent des compétences en informatique dans une école créée par Mariam Haidar, diplômée du Projet d’entrepreneuriat des femmes arabes (Arab Women's Entrepreneurship Project (AWEP)) d

Une nouvelle académie enseigne la robotique et l’encodage, la conception de jeux et l’entrepreneuriat aux enfants de la plaine de la Bekaa au Liban, une région où les programmes éducatifs sont insuffisants pour permettre aux enfants, notamment aux jeunes filles, d’explorer leur créativité et de développer des compétences techniques susceptibles de leur ouvrir des portes en matière d’éducation et d’emploi.

La fondatrice d’Edutek, Mariam Haidar, a indiqué : « Mon expérience au sein d’AWEP a transformé ma vie. J’ai eu accès à des mentors qui m’ont inspirée et à des opportunités, des compétences et des connaissances qui m’ont autorisée à croire en mon intuitio

On doit la création d’Edutek à Mariam Haidar, l’une des jeunes diplômées du Projet d’entrepreneuriat des femmes arabes (Arab Women’s Entrepreneurship Project (AWEP)), une initiative d’AMIDEAST et de la Citi Foundation qui est dédiée à la promotion de l’entrepreneuriat parmi les femmes arabes. En plus de lui avoir enseigné les fondamentaux sur la gestion d’une entreprise, le programme AWEP lui a donné confiance en elle, lui a montré comment traiter avec les clients et a ouvert la voie à de nouveaux systèmes de commercialisation. Edutek, qui a ouvert en janvier 2016, n’est que la première étape de son projet à long terme de proposer des formations entrepreneuriales à des salariés et à des professionnels dans une région du Liban où ce type de formation reste très insuffisant.

Mariam n’est pas la seule à enregistrer de tels succès. Sur les 57 femmes originaires d’Irak, de Jordanie, du Liban et du Maroc qui ont participé aux derniers modules de formation organisés par AWEP, 63 pour cent ont amélioré ou créé des entreprises. Elles comptent notamment à leur actif la création de 13 nouvelles microentreprises ou petites entreprises mais aussi l’amélioration ou le développement de 23 entreprises existantes. Elles ont également créé 27 nouveaux emplois.

Derrière ces statistiques, des vies transformées par le programme AWEP. En Jordanie, Tamam Yasuri, une participante souffrant de handicap, a fait progresser les ventes de son entreprise, qui propose des services de couture à domicile, de 30 pour cent en appliquant les leçons apprises, et Manal Al Obaidi, qui a amélioré ses compétences en marketing et communication, exporte désormais ses produits laitiers en dehors d’Amman et du Golfe.

Plusieurs entrepreneurs sociaux du Liban ont également participé à la dernière session de formation. Simone Bou Aoun emploie des femmes économiquement défavorisées ou des femmes qui sont victimes de violences sexistes dans sa société dont l’objet est la production de pâtisseries libanaises traditionnelles. Ekhlas Khatib a amélioré la gestion de son entreprise, qui enseigne la couture à des femmes marginalisées, et a pu ainsi accroître son chiffre d’affaires, employer de nouveaux salariés et former 320 femmes. Sanaa Abu Dayem, non contente d’étendre son propre commerce de produits artisanaux, a commencé à former des femmes syriennes défavorisées à l’entrepreneuriat.

Et en Irak, où la crise financière et les problèmes politiques font qu’il est plus difficile pour les participants de mettre en œuvre leurs projets commerciaux, Deedar Jaleel Raheem et Batoul Alyousfi prévoient d’offrir au niveau local une formation à des femmes qui sont intéressées par la création d’une entreprise de couture ou de crochet.

Depuis le lancement d’AWEP en 2011, AMIDEAST a offert quatre sessions de formation à près de 300 femmes en Égypte, en Jordanie, Irak, au Koweït, au Liban, au Maroc et aux Émirats arabes unis. Chaque session a commencé par trois semaines de formation intensive couvrant les compétences professionnelles de base requises pour réussir en tant qu’entrepreneur. Chaque femme a également élaboré un projet d’entreprise et l’a mis en œuvre pendant les mois qui ont suivi en bénéficiant du soutien et de l’inspiration d’un réseau de mentors, de formateurs et de collègues mis à disposition par AWEP.

Le succès est évalué non seulement pour les nouvelles entreprises mais aussi pour le développement d’entreprises existantes. Certaines femmes se fixent de nouveaux objectifs, et l’une d’entre elles n’a pas hésité à se détourner quelque temps de son entreprise pour suivre un MBA dans le cadre du programme Fulbright destiné aux étudiants étrangers.